Les murs ont des oreilles

 

Lorsque l’on se demande quoi voir à Marrakech, on ne pense généralement pas aux remparts de la médina alors que sous nos yeux tout au long du voyage, ils retiennent assurément notre attention… Et oui, « des petits trous, toujours des petits trous, et encore des petits trous » entonneriez-vous en passant devant ces murs parsemés de trous. Mais alors, que sont ces curieux trous dans les remparts ? Marrakech Insiders a mené l’enquête…

 

Cela parait plutôt contradictoire pour une forteresse impénétrable. Donner une échelle à ses assaillants parait dénué de sens, plutôt donner le bâton pour se faire battre. Et pourtant, le poinçonneur des Lilas n’y est pour rien… L’histoire de ces trous tient un aspect technique. Lors de la construction de ses anciens remparts fortifiés, une poutre de bois était mise dans la longueur, une l’autre dans la largeur, et l’édification se faisait tout autour de ces larges charpentes. En somme, les ancêtres de nos échafaudages étaient nés. Une fois le mur bâti, on retirait par ces trous les échafauds du mur. Bien sûr, l’aide considérable des marrakchis apportés à leurs assaillants était palliée par l’exercice de combler les trous, les empêchant de pénétrer dans les défenses de la cité ocre.

 

Marrakech Insiders - Secret

 

Aujourd’hui, le rôle de ses remparts tient principalement à la distinction entre la médina et les quartiers voisins. N’ayant plus de possibles invasions, les trous ne sont plus couverts, ce qui laisse la beauté d’un décor, et soulève des interrogations somme toutes légitimes quant à leur usage. Tout ceci n’est pas uniquement une question de décor, mais connait également une question de propreté, et d’entretien. Les trous permettent de dresser à nouveau et à tout moment les planches de bois constituant l’échafaudage, pour permettre un ravalement effectif et efficace. Aussi, ces trous aèrent le mur de manière permanente pour le faire vivre, sans qu’il puisse se reposer, ne cédant aucun vieillissement. Ils sont également des cachettes fortes appréciées des pigeons.

 

A vrai dire, on nous avait un jour posé la question, lors d’un tour en sidecar, sur le « pourquoi du comment » de ces trous : « Y-a-t-il eu la guerre à Marrakech ? Ces trous sont-ils les effets de boulets de canon ou d’une mitraille ? ». Il n’en est rien de tout cela, et vous savez dorénavant pourquoi.

 

 

Marrakech Insiders, le meilleur moyen de visiter Marrakech

Auteur

Rachel

Élevée en Suisse, Rachel a découvert un peu par hasard, il y a quelques années, la ville ocre. Mais ce qui s'ensuivit n'est pas dû au hasard. Sa curiosité aiguisée par cette ville aux mille visages, elle se lance, dans le cadre d'un mémoire universitaire, dans l'exhumation de l'incroyable héritage architectural du Gueliz. Elle épluche des tonnes d'archives, interviewe les mémoires vivantes du quartier et en explore les moindres recoins. Aujourd'hui, Rachel raconte ses histoires à bord d'un rutilant sidecar et elle vient de publier un livre aux Éditions Sarrazines & Co réunissants toutes ses jolies trouvailles.