Comment faire pousser des palmiers dans le désert?

 

Mais qu’est-ce que sont ces volcans miniatures ? D’ici ne jaillit point de lave, mais bien de l’eau. Parce que comme le dit un dicton berbère, « l’eau suit l’air », Marrakech Insiders vous explique tout sur les khettaras…

Cette technique perse du XIème siècle utilisée au Moyen-Orient a été créée par les Romains, et importée au Maroc par les almoravides, la première dynastie. Elle consiste en la création de galeries souterraines pour approvisionner la ville en eau. Alors que Marrakech n’est à l’origine qu’une oasis hydratant ceux qui traversent le désert, la fondation de la ville en 1050 et l’accroissement de sa population demande rapidement un approvisionnement en eau plus rapide et efficace. La création de khettaras s’affiche alors comme la solution parfaite.

Creusées par l’homme, elles permettent de combler ce besoin et de remédier au manque d’eau en ramenant, par des canaux souterrains légèrement pentus parsemés de puits, l’eau des pluies contenue dans les nappes phréatiques de l’Atlas jusqu’à Marrakech.  À la fin de ces canaux, des bassins entourés par les portes de chaque famille qui a participé à la création de la khettara, sont construits pour contenir l’eau qui jaillit du sol. Au rythme des prières, chaque famille ouvre sa porte pour permettre à l’eau d’irriguer son champ. On raconte que la famille qui avait fourni le plus d’effort lors de la construction de la khettara avait droit au moment de la journée le plus espacé entre les cinq prières de la journée. On retrouve encore ces khettaras dans la pleine de Marrakech, avec des puits allant jusqu’à 20 mètres de profondeur, mais aussi dans la Palmeraie, avec des puits de 4 à 5 mètres.

 

 

À Marrakech les derniers puits se sont asséchés à la fin des années 90. L’entretien des 14 clubs de golf, mais aussi des jardins des hôtels/resorts/domaines privés ainsi qu’une agriculture importante pour nourrir les quelques deux millions d’habitants de Marrakech en seraient les principales raisons. L’eau qui se trouvait entre 5 et 10 mètres de profondeur a aujourd’hui reculé a plus de 100 mètres à certains endroits. Avant l’assèchement des khettaras, la Palmeraie était le jardin qui nourrissait la ville. Le sol était cultivé et on y trouvait toutes les ressources nécessaires, que les agriculteurs revendaient en médina. Aujourd’hui, on les devine à peine, et il faut chercher pour en trouver.

D’ici 2020, Marrakech manquera d’eau. Les nappes phréatiques peinent à se remplir et les saisons des pluies se font de plus en plus irrégulière. La création de nombreux barrages d’eau et d’électricité par Sa Majesté le Roi Hassan II, ne sont qu’une infime réserve. Certaines mesures ont alors été prises : les terrains de golf seront irrigués par une nouvelle centrale de traitement d’eau et l’eau pure disponible sera exclusivement réservé aux agriculteurs. Sa Majesté le Roi Mohammed VI aurait également signé un contrat avec la Chine pour la création d’un grand aqueduc pour amener l’eau des pluies du Nord du Maroc vers Marrakech.

Alors si vous vous demandez encore que visiter à Marrakech et ses environs, n’hésitez plus… Réservez un tour avec nous et nous vous emmènerons à la découverte de ce patrimoine naturel qui est aujourd’hui en péril !

 

Découvrez que faire à Marrakech, avec Marrakech Insiders

Auteur

Rachel

Élevée en Suisse, Rachel a découvert un peu par hasard, il y a quelques années, la ville ocre. Mais ce qui s'ensuivit n'est pas dû au hasard. Sa curiosité aiguisée par cette ville aux mille visages, elle se lance, dans le cadre d'un mémoire universitaire, dans l'exhumation de l'incroyable héritage architectural du Gueliz. Elle épluche des tonnes d'archives, interviewe les mémoires vivantes du quartier et en explore les moindres recoins. Aujourd'hui, Rachel raconte ses histoires à bord d'un rutilant sidecar et elle vient de publier un livre aux Éditions Sarrazines & Co réunissants toutes ses jolies trouvailles.