Dar Kawa, by V. Barkowski, portrait d’une passionnée

 

Il y a de ces rencontres qui marquent les cœurs et les esprits, et qui nous invitent à découvrir et à vivre unMarrakech authentique. Ce sont justement ces rencontres qui font la philosophie de Marrakech Insiders et c’est pourquoi nous avons décidé de vous faire découvrir le portrait d’une passionnée, Valérie Barkowski, installée à Marrakech depuis une vingtaine d’années. D’histoires en anecdotes elle nous livre sa vision de la Ville ocre, elle nous raconte son Marrakech, un Marrakech aussi drôle qu’étonnant …

 

 

Quelle est votre histoire avec Marrakech et avec la Médina ?

J’ai découvert la médina de Marrakech en 1991, un soir. Nous allions dîner à Dar Yacout, je n’étais jamais venue au Maroc. En rentrant dans le restaurant l’on m’a tout de suite fait monter sur la terrasse et j’ai été éblouie par ce « spectacle ». La médina n’avait pas encore subi de nombreuses constructions « pirates » et l’on voyait une mosaïque de patios, des puits de lumière. Tout cela sous la pleine lune, c’était magnifique.

Les jours suivants j’ai arpenté les souks, fascinée par les artisans… Suite à mon premier voyage j’avais eu un vrai choc et je m’étais dit qu’un jour… J’y habiterais. Ce jour est arrivé 5 ans plus tard, en 1996.

 

Quelle est l’histoire de Dar Kawa ?

Dar Kawa est une ancienne zaouïa. Elle date du début du 17ème siècle. Achetée par défaut… J’ai visité plus de 300 maisons, je cherchais quelque chose de plus grand, j’avais l’impression que Dar Kawa était trop petite mais ai trouvé l’architecture intéressante. La maison était en ruine. Nous pensions la refaire et trouver une maison plus grande… Mais finalement elle est toujours là. J’aime cette maison, je la connais par cœur. Elle se métamorphose au fil des années, je change des choses, je la rénove, l’améliore,… Posséder un riad c’est un peu comme posséder un vieux yacht en bois, il y à tout le temps des travaux à faire…

 

Vous avez lancé votre propre marque, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Ma marque est née peu après mon arrivée à Marrakech. J’ai d’abord ouvert une fondation et très vite il m’a fallu trouver des fonds, ma marque est née comme cela. J’ai commencé par des accessoires de mode sous la marque Mia Zia, marque que j’ai cédée 10 ans après l’avoir créée en 1997. J’ai gardé ma marque de linge de maison V.Barkowski. Je travaille la broderie et je peux dire avoir été la première à Marrakech. Il y a 20 ans on ne trouvait pas de brodeuses, les femmes achetaient des produits imprimés ou brodés à la machine. Il a fallu beaucoup de temps et de patience pour aboutir à une première collection, 3 ans. J’ai eu plusieurs centaines de brodeuses, des boutiques un peu partout dans le monde mais j’ai compris que cela compromettait trop le « style de vie » que j’avais envie d’avoir et aussi que je n’étais pas faite pour gérer une « énorme » entreprise, ce en plus dans un pays dont la culture m’est étrangère. Alors je me suis arrêtée pendant 10 ans. Et c’est suite à de nombreuses demandes d’anciens clients que j’ai décidé de recommencer. J’ai repris mes collections, les modèles intemporels que j’avais créées et qui sont toujours demandés. Le concept est donc de travailler avec des savoir-faire ancestraux sur des collections intemporelles. V.Barkowski c’est du linge de maison et un peu d’accessoires de mode.

 

Et votre blog, une passion pour vous ?

Le site www.valeriebarkowski.com est comme un « journal », comme mes « archives ». J’y consigne principalement mon travail. Le blog sur le site www.darkawa.net c’est notre façon de partager la vie à Dar Kawa et à Marrakech. Pour les gens qui sont déjà venus et qui aiment rester en contact avec nous, suivre ce qui se passe à Dar Kawa. Et aussi pour les gens qui ne nous connaissent pas…

 

Votre meilleure anecdote sur la Médina et sur votre quartier ?

Ce que j’aime dans notre quartier c’est qu’il est resté authentique. Il y a encore un four, un hammam. Les petits « hanouts », le barbier,… J’aime la vie locale. Un jour, j’avais donné rendez-vous à un artisan. Nous nous étions dit « mercredi à 10h ». Je suis allée au rendez-vous et ai attendu longtemps, personne n’est venu. 2 mois plus tard, l’artisan vient me voir et je lui dis que nous avions rendez-vous il y a 2 mois. Il m’a répondu, oui, mercredi à 10h mais nous n’avions pas dit quel mercredi. Il était là un mercredi à 10h 2 mois plus tard. Ce qui pour moi résume le mieux ce que j’aime au Maroc c’est Tahir Shah qui l’a écrit dans « Le Café Mabrouk ».

 

Finalement, pouvez-vous nous raconter votre histoire avec les sidecars en Russie ?

C’est en cherchant des meubles pour aménager une datcha que je suis rentrée dans un grand magasin. Ils y vendaient des casseroles, des jouets, des appareils photos, des bottes, des tracteurs et des sidecars… Un mélange plus qu’improbable. C’était en 1993. Les sidecars Dnepr ont le même look que les vôtres, avec ce côté rétro irrésistible. Ils étaient neufs et coûtaient 200 ou 300 dollars pièce. Je n’ai pu résister… Je les ai achetés tous les 2.

 

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Auteur

Rachel

Élevée en Suisse, Rachel a découvert un peu par hasard, il y a quelques années, la ville ocre. Mais ce qui s'ensuivit n'est pas dû au hasard. Sa curiosité aiguisée par cette ville aux mille visages, elle se lance, dans le cadre d'un mémoire universitaire, dans l'exhumation de l'incroyable héritage architectural du Gueliz. Elle épluche des tonnes d'archives, interviewe les mémoires vivantes du quartier et en explore les moindres recoins. Aujourd'hui, Rachel raconte ses histoires à bord d'un rutilant sidecar et elle vient de publier un livre aux Éditions Sarrazines & Co réunissants toutes ses jolies trouvailles.