La Zaouia de Tameslhot, un vestige hors du temps

 

S’il existe encore des lieux cachés à voir autour de Marrakech, la Zaouia de Tameslhot en fait définitivement partie. Elle émerveille par son architecture et son authenticité et envoûte tous ceux qui comme nous, osent y pénétrer. Marrakech Insiders est parti à la rencontre de Moulay Hafid, descendant du saint fondateur et fervent maître des lieux ! Ouvrez grand les oreilles, on vous dit (presque !) tout sur cet endroit chargé d’histoire…

Alors que la région est désertée et laissée à l’état d’abandon pendant plusieurs décennies, le saint Abdellah Ben Hssayn, fonde en 1584 la Zaouia de Tameslhot. Complexe religieux et lieu de culture, il atteste encore aujourd’hui des composantes culturelles et cultuelles de la société marocaine traditionnelle. La région renaît alors de ses cendres et voit l’établissement du village de Tameslhot, qui se bâtit petit à petit autour de la Zaouia. Aujourd’hui devenue une petite ville avec près de 17’000 habitants, on continue de l’appeler « village », le charme du lieu étant resté pratiquement intact. On y retrouve par exemple son souk du vendredi, un vrai voyage d’odeurs et de saveurs (si, si, on a testé on peut tout goûter sur place !)

 

 

La Zaouia présente une architecture particulière pour l’époque et la région, en atteste son toit de tuiles vertes. Le saint fondateur, un personnage savant et très influent s’était largement inspiré des courants architecturaux, mieux connus à Fès par exemple. La Zaouia comptait quinze riads, une école coranique et une bibliothèque, dont les premiers manuscrits étaient faits en peaux de dromadaires. A l’origine, vingt-trois familles habitaient la Zaouia, et chaque jour, plus de cinquante tajines sortaient des deux immenses fours superposés, que l’on peut encore deviner aujourd’hui grâce à l’odeur et aux traces de suie. L’huile d’olive, produite en quantité dans la région permettait également d’alimenter les lampes à huile, utilisées pour éclairer les intérieurs. Le garde-manger creusé au sein même de la pierre me sert aujourd’hui de chambre à coucher ; tempéré, il y fait frais l’été et chaud l’hiver, nous raconte Moulay Hafid.

 

 

Mon père et mon grand-père étaient tous deux des grands Caïds et faisaient régner l’ordre et la paix sur la région. Parcourant parfois de nombreux kilomètres depuis les montagnes de l’Atlas, les gens se rendaient directement à la Zaouia pour résoudre conflits et différents. C’était comme un lieu de médiation.  D’ailleurs, le village pris le nom de Tameslhot en référence à cette pratique ; « slhot » signifiant « réconciliation » en arabe dialectal.

Notre Zaouia a reçu beaucoup de personnalités comme le Maréchal Lyautey, qui y a séjourné pendant une semaine dans les années 20. Elle a aussi été le théâtre de nombreuses scènes de films. Près de 35 longs métrages, principalement américains et espagnols y ont été tournés. Led Zepplin et ses compères Jimmy Page et Robert Plant, y ont même tourné un de leur clip, Wah Wah, avec une troupe de Gnaouas, à l’été 1993. C’est un de leurs amis qui avaient découvert ce lieu… Je m’en souviens comme si c’était hier, nous confie Moulay Hafid.

Alors si comme eux vous voulez découvrir ce lieu hors du temps, vous savez ce qu’il vous reste à faire: réservez un tour avec nous !

 

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Auteur

Rachel

Élevée en Suisse, Rachel a découvert un peu par hasard, il y a quelques années, la ville ocre. Mais ce qui s'ensuivit n'est pas dû au hasard. Sa curiosité aiguisée par cette ville aux mille visages, elle se lance, dans le cadre d'un mémoire universitaire, dans l'exhumation de l'incroyable héritage architectural du Gueliz. Elle épluche des tonnes d'archives, interviewe les mémoires vivantes du quartier et en explore les moindres recoins. Aujourd'hui, Rachel raconte ses histoires à bord d'un rutilant sidecar et elle vient de publier un livre aux Éditions Sarrazines & Co réunissants toutes ses jolies trouvailles.